94,4 % du disque solaire masqué par la Lune, un coteau complet, et deux heures de ciel partagées.
Il y a des soirées que l'on prépare pendant des mois et qui, le jour venu, se passent exactement comme on l'espérait.
Le 12 août 2026, la Lune est passée devant le Soleil. Depuis l'Islande et le nord de l'Espagne, l'éclipse était totale. Depuis la Loire, il s'en est fallu de peu : au Crêt de Saint-Priest-en-Jarez, le disque solaire a été masqué à 94,4 % — assez pour que la lumière change complètement, pas assez pour voir la couronne.
ASTROMIA-42 et la Municipalité avaient ouvert le site du Crêt, rue de la Ranche, à partir de 18h30. L'accès étant limité, l'inscription — gratuite — était obligatoire : toutes les places sont parties avant le jour J. Les lunettes homologuées, offertes par ICI Saint-Étienne Loire, ont été distribuées sur place, et les bénévoles de l'association ont accompagné le public tout au long de la soirée.
Le premier contact a eu lieu à 19h28. Pendant près d'une heure, l'encoche a grandi lentement, presque sans qu'on s'en aperçoive. Puis, vers 20h, la lumière s'est mise à faiblir : pas comme un crépuscule, plutôt comme si quelqu'un avait tourné un variateur. Les couleurs ont viré au cuivre, la température a baissé, et le coteau entier s'est tu. Au maximum, à 20h22, il ne restait du Soleil qu'un mince arc, déjà bas sur l'horizon. Il s'est couché vers 20h50, toujours entamé par la Lune.
Reconstitué à partir des horodatages des photos prises sur le site.
Cliquez sur une photo pour l'agrandir. Les clichés sont classés dans l'ordre où ils ont été pris.
L'ombre de la Lune ne balaie qu'un couloir de quelques dizaines de kilomètres de large. Le 12 août 2026, ce couloir passait par le Groenland, l'Islande et le nord de l'Espagne. Saint-Priest-en-Jarez se trouvait à plusieurs centaines de kilomètres au nord-est de cette bande : nous étions dans la pénombre, pas dans l'ombre.
Le dernier pour-cent fait toute la différence. Tant qu'il reste un filet de photosphère, le ciel ne devient pas noir, les étoiles n'apparaissent pas et la couronne solaire reste invisible. C'est aussi pour cela que les lunettes restaient indispensables du début à la fin : à aucun moment il n'était possible de regarder sans protection.
Contrairement à une éclipse totale — où l'on peut retirer ses lunettes pendant les quelques minutes de totalité, et seulement pendant celles-ci — une éclipse partielle impose un filtre homologué (norme ISO 12312-2) en permanence. Ni lunettes de soleil, ni radiographie, ni verre fumé : la brûlure de la rétine est indolore et irréversible.
L'une des plus longues totalités du siècle, visible depuis le sud de l'Espagne, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye et l'Égypte. En France, le Soleil sera masqué à environ 51 % à Paris et 76 % à Perpignan — en plein milieu de journée, cette fois.
L'anneau de feu sera visible depuis le Portugal et le sud de l'Espagne. Depuis la France métropolitaine, l'éclipse sera de nouveau partielle.
Il faudra attendre la fin du siècle pour voir la totalité depuis la France métropolitaine. D'ici là, ASTROMIA-42 continue de sortir les instruments un jeudi sur deux.